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Le chemin vers Compostelle en bonne compagnie..le rythme des pas et des bâtons..la mer des blés à perte de vue..les ampoules..Eso es el camino !
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31/8/2007
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1Bienvenidos !
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Bonjour !
Hola Buenos dias !
Bienvenue sur ce blog de voyage, de retour de Compostelle...pour partager les photos, les rencontres, les émotions..
J'espère que vous aurez du plaisir à parcourir ces pages, comme j'en ai eu à crapahuter sur les sentiers caillouteux du camino de Santiago sous le soleil et la poussière.
Comme on dit : "Buen camino ! " Bonne route, bon voyage, bon chemin, bonne lecture.
PS pour ceux qui veulent avoir l'accent espagnol, prononcer "don camillo" en se pinçant le nez
PEREGRINO SOY
A SANTIAGO VOY
(Pèlerin je suis / A St Jacques je vais)
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31/8/2007
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2Roncevaux by night
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C'est au sommet du col d'Ibaneta que l'on aperçoit Roncevaux pour la première fois, blotti au loin parmi les arbres verts et touffus. Le chemin serpente en descendant vers les toits de zinc serrés les uns contre les autres. Là au bord du chemin je trouve une pierre toute veinée de rouge, on dirait les chemins français qui convergent vers Compostela ; sympa.
(www.migratour.fr)
Rose nous explique qu'à Roncesvalles (Roncevaux), le grand hôpital des pèlerins existe depuis le début du chemin de St Jacques, c'est-à-dire depuis le XIIème siècle. A l'époque, les peregrinos devaient survivre aux loups, aux brigands, à la neige, aux rivières en crue..Nous, avec nos sacs Décathlon, nos guides et nos godillots Gore-tex, on est des petits joueurs !
Impressionnant dortoir. Sous d'immenses voûtes gothiques, imposantes, les lits à étage peints en blanc s'alignent, serrés. De rustres mais solides candélabres diffusent une lumière filtrée. Il y a beau y avoir une centaine de pèlerins, qui s'affairent avec leurs sacs plastiques et les mini trousse de toilette, l'ambiance est feutrée, ça chuchote, ça se déplace en silence. Le lieu impose avec majesté son ambiance..Nous ne sommes pas les premiers, ni les derniers, à être accueillis sous ces ogives..
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31/8/2007
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3Tous les matins nous allons plus loin
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COCORICOO ! tu lu lu tu lu tu lu
Ca, c'est le portable de Rose qui sonne à 5h30 tous les matins..Amis du réveil en douceur, bonjour ! Et encore faut-il bouger un peu sur son matelas pour bien montrer à la jefa (chef) qu'on est réveillé, sous peine d'avoir un doigt pointé qui s'enfonce dans votre mollet de façon insistante jusqu'à ce qu'un Grmmfl sorte de mon gosier ensommeillé.
Et là, tu sautes de ton sac de couchage direct dans tes vêtements, c'est heureux lorsque les chaussettes sont complètement sèches, et tu remets tout bien en place dans ta mochila (sac à dos). Une personne normalement constituée met environ 10 minutes, avec de la bonne volonté..Pour ma part, je soupçonne Rose de dormir avec ses chaussures aux pieds. Après quelques jours, j'ai opté pour une technique très simple afin de réduire mon temps de préparation le matin : vider mon sac et tout aligner, prêt à faire feu ! (Non, je ne suis pas dans un camp paramilitaire)
Autre ritel du matin : soigner ses pieds. Ciseaux, Elastoplasm, pansement et Voltarène assis sur une marche d'escalier..Brr ! Une fois la chaussette remise et le pied dans la bota (chaussures montantes), encore faut-il appuyer la plante du pied par terre, et dérouiller ses jambes au petit matin ! Bouh! J'en grimace, mais c'est bon, ça va se chauffer tout ça.
Heureusement qu'on a notre carburant : le café con leche pour Rose, le café solo pour moi
Allez c'est parti !
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31/8/2007
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4La Navarre et les Navarrais 1
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lLa Navarre, une fois que l'on a passé les Pyrénées, c'est la première autonomia (région) que l'on traverse. Premières ampoules aux orteils, donc j'évite de marcher sur cette partie-là du pied : je compense et du coup je me fais mal à la cheville !
Moi qui étais partie sans bâton de pèlerin, je récupère un vieux tronc de saule pour grimper la colline del Perdon..OK j'ai l'air d'un vieux sage ou d'un druide, le problème c'est qu'il est bien trop lourd ! J'achète avec plaisir mon bourdon à Puente La Reina, tout simple, léger, en châtaigner. Je m'en sers surtout pour monter les côtes et pour freiner dans les descentes ; sur le plat je le tiens à l'horizontale et il se balance d'avant en arrière au rythme de notre marche. J'aime bien le son que rend son bout ferré, sur les pavés des ruelles le matin en partant, dans les gravillons l'après-midi, ou étouffé dans l'herbe ou dans la poussière.
Le hic c'est que je m'étais préparée -psychologiquement- à grimper à Roncevaux, brieffing total, étape atteinte, bien ! Tout dans l'tibia comme on dit par chez moi..Mais je ne pensais pas que j'aurais autant tiré la langue pour le jour suivant.!.Pourtant, 26 km, une fois qu'on a terminé le camino, ça se fait comme une fleur ! Là, j'avoue que l'arrivée à l'albergue (le refuge) de Larrasoana s'est fait désirée.
Je suis tombée sur mon lit toute habillée et je me suis endormie jusqu'à 18h ! Même que c'est la Jefa qui a lavé mes chaussettes..Ah là là
C'est le lendemain qu'on est arrivé à Pampelune, en plein dans les fêtes de la San Fermin ! Ambiance assurée >> voir l'album photos "TORO TORO"
Des peregrinos malins ont réussi à arriver pour 8h du matin, au moment de l'encierro, le lâcher de taureaux..En bonne gauloise que je suis, je ne peux que me dire devant un tel spectacle defiant la raison et la mort :
"Ils sont fous ces espagnols ! "
Les télés dans les bars passent en boucle les téméraires (ou inconscients?) qui courent à tire d'aile au-devant des taureaux lâchés à pleine vitesse. On dirait que le bout de leurs espadrilles blanches ne touche pas le pavé. C'est rouge sang, blanc, noir, ça crie, ça pue la pisse, ça boit du vin, les toros bravos glissent dans le virage et sont les 4 fers en l'air, même un père emmène son fils de 10ans dans la course effrenée..Le cher Saint Firmin doit se retourner dans sa tombe ! ou bien encourager les coureurs..Des pages entières dans les journaux font le décompte des entorses, foulures, luxations ou coups de corne reçus, et les blessés ont eu l'honneur d'être frôlé par l'asta (la corne) du taureau Untel de tel troupeau, il a sa photo dans le journal, la gloire du jour au bout de sa perfusion !
Accrochez-vous, il y a la vidéo de l'encierro du 9 juillet sur le site suivant :
http://videos-encierros.sanfermintv.com/video-encierro-san-fermin-dia-9-julio-pamplona.php
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31/8/2007
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5La Navarre et les Navarrais 2
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C'est un bel arc-en-ciel qui nous montre le chemin ce matin en sortant de l'auberge de Cizur Menor. A l'horizon, la colline est hérissée d'éoliennes, c'est El Alto del Perdon. Ca grimpe ! Mais la vue récompense le pélerin.
Moi qui suis fan de Van Gogh, je ne peux pas m'empêcher de penser au tableau des corbeaux. J'adore les couleurs !
Et quand on entreprend l'assencion de la colline, à mi-chemin à gauche, jaillit un jet d'eau fraîche : c'est la fontaine de la Reniega. C'est à ce moment que Rose nous sort son speech (petit cahier à couverture orange contenant tout l'itinéraire et surtout toutes les légendes et histoires farfelues et miraculeuses que l'on croise tout au long du camino..La lecture du speech est à la fois terrible (la flemme!) mais savoureuse... ). Elle dit :
"Une légende raconte qu'à cet endroit,...
...un pélerin épuisé et assoiffé à l'extrème...
..fut tenté par le diable..Celui-ci lui demanda de renoncer à sa foi, en échange, il lui indiquerait l'emplacement d'une fontaine.
Le pèlerin..
résista à la tentation.
Il fut récompensé car Saint Jacques lui apparut vêtu en pèlerin, lui montra la fontaine, et lui donna à boire dans sa coquille."
Si seulement ça avait pu m'arriver ! Mais personne n'est apparu pour me donner à boire. Pendant ce temps-là, Rose et Catherine m'attendaient au sommet de l'alto del Perdon, absorbées dans la contemplation du paysage à perte de vue et des sculptures de fer dont les silhouettes se découpent sur le grand ciel.
Nous sommes "Là où le chemin du vent croise celui des étoiles"...
...Donde el camino del viento cruza el de las estrellas
Car vous n'êtes pas sans ignorer que "Compostelle" vient en fait de "Campus Stellae" en latin, le "champ de l'étoile". Dixit la légende selon laquelle, au 9ème siècle, une étoile révéla à un berger l'endroit, un bête champ, où se trouvaient les restes de l'apôtre Saint Jacques, dont les ossements avaient été perdus au moment de l'invasion arabe en Espagne (711)..Allez, un peu de culture, ça fait pas d'mal ! ;)
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31/8/2007
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6Rencontres en Navarre
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Ah les navarrais ! Leur réputation est faite dès le 9è siècle, car un français, un moine, Aymeri Picaud de son petit nom (qu'est ce qu'on a entendu parler de celui-là! ) écrit le premier guide du pèlerin, et les décrit ainsi dans son Codex Calixtinus :
"C'est un peuple barbare, (...) plein de méchanceté, laid de visage, débauché, pervers, perfide, déloyal, corrompu, voluptueux, ivrogne, expert en toutes violences, féroce et sauvage, malhonnête et faux. (...) Les navarrais forniquent honteusement avec des bestiaux ; on raconte que le navarrais met un cadenas à sa mule et à sa jument pour empêcher tout autre que lui-même d'en jouir"
Bonjour la réputation ! Mais ce jugement lui a sûrement été dicté suite à la mésaventure qu'il a subi en passant sur le pont enjambant le Rio Salado (la rivière salée)... "Je peux faire boire à mon cheval l'eau de cette rivière?" demanda-t-il à un autochtone.."Si, senor, claro que si!" Résultat :
"Le cheval mourut instantanément et le Navarrais le dépeça sur le lieu-même." Gare à vous en traversant la Navarre!
Heureusement que le paysage récompense et rassérène le coeur du peregrino suant et haletant sur les sentiers poussiéreux ...
Ca ne vous rappelle pas le tableau de Monet, Les coquelicots ?
Ah! et les cogoticos ? vous connaissez les cogoticos ? C'est un paysage de Navarre, c'est assez pointu..Ce sont des sortes de collines vertes "toutes douces" comme dirait Rose, qui font comme une coulée dans les champs de céréales..Voilà, c'est tout, ce sont les cogoticos de la Raicilla. Je tenais à le préciser. Ca me fait plaisir.
Tiens! Nous faisons aussi sur le chemin la connaissance d'un coréen..Trop mimi, il salue tout le monde en se courbant en deux !
Le camino attire des pèlerins du monde entier : Nouvelle Zélande, Etats Unis, Mexique, Hongrie, Pologne, Canada, Europe...Et tout ce joyeux petit monde se retrouve dans l'albergue ! Bonne ambiance. Ici, Cizur Menor à côté de Pampelune.
Et Felisa? Vous connaissez Felisa? C'est elle (sa fille en fait) qui nous accueille à l'entrée de Logrono sous son figuier, offrant aux pèlerins higos, agua y amor (figues eau et amour) depuis toujours. La tradition se perpétue !
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31/8/2007
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7A la croisée des chemins
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Au bout du quatrième de marche, nous atteignons Puente la Reina. A l'entrée du village, une statue de pèlerin accueille nos postérieurs respectifs, à Catherine et à moi, pour une pause bien méritée !
Nous sommes à la croisée des chemins : le chemin d'Aragon et le chemin de Navarre, qui se fondent en un seul, el Camino Francés, le chemin français. Desde aqui, todos los los caminos a Santiago se hacen uno solo dit l'inscription. A partir d'ici, tous les chemins n'en font qu'un. Et..
..Coïncidence ! C'est à Puente la Reina que notre route croise celle des 2 bretons Vincent et Hubert, partis un jour après nous ! Ils galopent ces deux là, motivés motivés !
A gauche c'est Vincent...
...la foulée souple, l'enjambée de 7 lieues, le diesel du chemin, la Légende du camino même !
Et à droite, c'est Hubert
..il râle il râle il attrape des coups de soleil il sue mais il nous double à chaque fois ! ;)
Allez, je mets une vraie photo ; rendons à César ce qui est à César
Hm les belles sandales ! Le peregrino n'a peur de rien question tendance. La preuve en image
T'as le look coco ! Mais le MUST :
Quoique personne ne peut rivaliser avec le look Mac Gyver de la Jefa
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31/8/2007
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8Pélerin, qui t'appelle ?
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En arrivant à Najera, tous les pélerins sont accueillis par cette phrase :
Peregrino, en Najera narejino (Pélerin, à Najera tu es chez toi)
Et, en arrivant à Najera, tous les pélerins sont passés, passent, et passeront devant ce poème inscrit sur un mur de plaques en béton. Contraste de la beauté du contenu et de la laideur du support. (le mur)
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Polvo, barro, sol y lluvia,
Es Camino de Santiago.
Milares e peregrinos
Y mas de un million de anos
Peregrino quien te llama
Que fuerza oculta te attrae
Ni el Campo de las Estrellas
Ni las grandes catedrales
No es la bravura Navarra,
Ni el vino de los riojanos,
Ni los mariscos gallegos,
Ni los campos castellanos
Peregrino quien te llama
Que fuerza oculta te attrae
Ni las gentes del Camino,
Ni las costumbres rurales.
No es la historia y la cultura,
Ni el gallo de la Calzada
Ni el palacio de Gaudi,
Ni el castillo Ponferrada.
Todo lo veo al pasar
Y es un gozo verlo todo
Mas la voz que a mi me llama,
La siento mucho hondo.
La fuerza que a mi me empuja
La fuerza que a mi me attrae
No se ni explicarla yo
Solo El de Arriba lo sabe !
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Poussière, boue, soleil et pluie
C’est le Chemin de Saint-Jacques
Des miliers de pélerins
Et plus d’un million d’années.
Pélerin, qui t’appelle ?
Quelle est cette force obscure qui t’attire ?
Ni le Champs des Etoiles,
Ni les grandes cathédrales.
Ce n’est pas la bravoure navarraise,
Ni le vin de ceux de la Rioja,
Ni les fruits de mer de Gallice
Ni les champs de Castille
Pelerin qui t’appelle ?
Quelle est cette force obscure qui t’attire ?
Ni les gens du chemin,
Ni les coutumes rurales.
Ce n’est pas l’histoire et la culture
Ni le coq de la Calzada
Ni le palais de Gaudi,
Ni le château de Ponferrada
Tout cela je le vois au passage
Et c’est une joie de tout voir
Mais la voix qui moi m’appelle
Je la ressens au plus profond.
La force qui moi me pousse
La force qui moi m’attire
Je ne sais même pas l’expliquer
Seul Celui d’En Haut le sait
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(récupéré sur http://decayacacompostelle.free.fr/documents/temoignageyvon.htm)
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31/8/2007
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9Le Top des histoires débiles
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A force d'entendre les miracles et les légendes tout au long du chemin, distillées par le speech de Rose à chaque monument croisé..j'ai fini par faire un Top des histoires débiles. Ce fut difficile. Les apparitions de la Vierge font concurrence aux interventions de Saint Jacques..Quoique qu'entre le bâton de rhubarbe qui apparaît pour servir de bourdon au pèlerin et le cheval blanc qui surgit au col de Roncevaux pour emmener en express à Compostelle le pèlerin fatigué, j'hésite. Mais non, je n'en démords pas, mon numbeur wouane c'est, et ça restera, la légende de Santo Domingo de la Calzada..una leyenda por descubrir
C'est l'histoire du jeune et beau Hugonell qui, accompagné de ses parents, fait le pélerinage. En faisant halte dans une auberge de Santo Domingo, la fille de la maison est séduite, mais lui reste indifférent. De dépit, elle glisse un gobelet d'argent dans le sac du jeune garçon, ce qui lui vaut d'être accusé de vol et pendu. Les parents vont tout de même jusqu'à Compostelle, et au retour, voient que leur fils est toujours en vie au bout de la corde ! Ils se précipitent chez le juge -qu'ils interrompent en plein dîner- pour demander grâce. "Si tout cela est vrai, que le coq et la poule qui sont dans mon assiette se mettent à chanter !" Ni vu ni connu, les animaux sautent du plat, se couvrent de plumes et se mettent à voler et à chanter. Le jeune Hugonell est dépendu, justice est faite.
(Détail d'une carte du camino. Cette illustration se trouve dans les cuisines du parador des Rois Catholiques à Santiago.)
J'imagine la tête du juge !
Cette légende est fortement commémorée à Santo Domingo : un morceau de potence se trouve dans la cathédrale, en face du lieu où s'ébrouent un coq et une poule..en chair et en os ! (je dis bien à l'intérieur de la cathédrale)
(récupéré sur http://nousmarcheronsverscompostelle.hautetfort.com)
..et pour finir, la pâtisserie que l'on ne trouve qu'ici ! C'est le ahorcadito, le petit pendu..
Buen provecho Jefa !
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31/8/2007
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10Caanta el gallo
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KIKIRIQUII (fichier son MP3)
Si toi, pèlerin,
De bon matin
Tu viens à entrer en sandales
Dans la cathédrale
De Santo Domingo de la Calzada
Et que le coq se met à chanter,
Alors je peux te jurer
Qu'avec certitude à Santiago tu arriveras.
...Testé et approuvé ! ;-)
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31/8/2007
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11Oda a la vida retirada
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Le village voisin de Santo Domingo de la Calzada, c'est le petit pueblo de Granon. Lorsqu'on y passe, une croix s'élève au bord du sentier : c'est la croix des vaillants, qui commémore l'âme de deux valeureux jeunes hommes..
Au Moyen Age, les 2 villages se disputaient un lopin de terre ; ni une ni deux, on désigne un champion pour défendre les couleurs de chaque bourgade. A Santo Domingo, on offre les meilleures nourritures au jeune homme pour qu'il soit au plein de sa forme ; à Granon, le jeune Martin se contente d'un plat de fèves. Et devinez qui remporta le combat ? ..L'agile Martin Garcia vint vite à bout de son concurrent alourdi par tant de riches mets ! La morale de cette histoire...
Lors de notre arrêt à San Juan de Ortega, refuge et église blottis dans une campagne simple et rude, la soupe à l'ail du prêtre de 80 ans a constitué notre dîner, à l'instar de Martin Garcia. Je l'ai d'autant plus appréciée que le clocher de l'église a mis du temps à apparaître au bout du chemin de gravillons blancs..."Après le virage à gauche" me dit Rose..Sauf qu'au bout de 2 virages à gauche et un à droite, toujours rien à l'horizon ! Puis, enfin..
L'endroit est des plus paisibles. Retiré, simple, un havre. J'ai un flash en arrivant face à l'albergue : je suis déjà venue ici ! Je rêve ou quoi ?? Et d'un coup, ça me revient : lors de mon année Erasmus à Burgos en 2002, nous avions fait une excursion avec la fac, et nous avions visité le refuge et l'église..Je me souviens, nous avions vus les lits à étage et des douches froides, on nous avait expliqué que les conditions restent les plus simples pour éviter le tourisme et préserver l'esprit du camino..Il faut dire que ce lieu est empreint d'une âme. Déjà, les deux âmes du lieu sont le prêtre et sa soeur..!
Dans l'église, un chapiteau roman magnifique :
A droite, la Nativité, et à gauche, l'Annonciation : l'archange Gabriel annonce à Marie qu'elle est enceinte. Et merveille des merveilles : deux fois par an, aux deux équinoxes, un rayon de lumière, au crépuscule, illumine ce chapiteau et vient se poser sur le ventre de la vierge Marie..On se croirait dans le Da Vinci Code !
Tout cela a bien intéressé Bruno..
qui fait le pélerinage avec son père, Carlos
Salut les Landais ! ;-) Trop sympas !
La zone est vraiment zen, voilà le lever de soleil que nous avons le lendemain matin :
Nous sommes à Atapuerca, zone archéologique où ont été découverts des ossements remontant à 800 000 ans ! Les fouilles continuent encore actuellement. On imagine facilement l'homme d'Atapuerca crapahuter dans ces collines rocailleuses et chasser dans les buissons épineux..Ces cercles de pierres concentriques datent-ils de l'époque ?
La route continue, et voilà que nous arrivons à Burgos !! Pour moi, c'est un pélerinage dans le pélerinage ! C'est trop drôle de passer en peregrina dans tous les lieux que j'ai fréquentée en étudiante ! Photo souvenir oblige avec notre peregrino
On est motivés ce jour-là, du coup on ne s'arrête pas à Burgos, mais on pousse un peu plus loin, ce sera toujours ça de fait pour demain ! En longeant le rio Arlanzon (private joke Marine), nous arrivons à Tardajos puis à Rabé. Au Moyen Age, ce chemin était assez périlleux, à cause des crues du fleuve, et d'une zone marécageses facilement inondable. Tant et si bien qu'au XVIème, Thérèse d'Avila elle-même y tomba avec son carrosse les 4 fers en l'air !
De Rabé a Tardajos
No te faltaran trabajos (tu auras beaucoup de peines)
De Tardajos a Rabé
Libera nos Domine ! ( délivre nous Seigneur !)
dit le dicton..
Pour notre part, on aurait peut être dû faire appel au Seigneur en arrivant à Rabé, car à l'albergue, on nous ferme la porte au nez..No comment. Le prochain bled est à 10 bornes, on vient d'en faire 40 ; l'église est fermée, le polideportivo aussi.. Du coup, retour sur nos pas en taxi, on dort à Burgos. Hey oh on va pas se laisser faire non plus.
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31/8/2007
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12Campos de Castilla
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Là, ici, j'ai adoré.C'est exactement ce que j'attendais du chemin de Santiago. Visuellement, j'imaginais des champs de blé jaunes à perte de vue, avec le ciel bleu infini, et le chemin au milieu et un peregrino comme une petite fourmi. Entre Hornillos del Camino et Hontanas, j'ai trop tripé. Et je n'étais pas la seule (hein Jefa). Moi je dis, ça se passe de commentaire.
Et lorsque tu crois que le chemin continue à l'infini, que les champs succèdent aux champs et les nuages aux nuages, d'un coup, tu tombes sur Hontanas. Hontanas a tus pies (à tes pieds), tout caché...
Au milieu de ces immensités, nous ne sommes que des fourmis...
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31/8/2007
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13Ambiance Moyen Age
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L'arrivée à Castrojeriz est digne d'un décor de théatre : les ruines du chateau se découpent sur le ciel bleu au somment de la motte castrale. Ambiance moyenâgeuse..On pourrait tourner un film ici..D'ailleurs Mériadec se sent en verve et se met à nous réciter une tirade de Cyrano de Bergerac. On s'y croit ! Au pied de la colline, le village et l'église de Notre Dame du Manzano (du pommier). Cette configuration des villages espagnols remontent à l'époque des nombreux combats lors de la Reconquista (du VIIIè au XVè) lorsque les chrétiens reprenaient les villes tombées aux mains des musulmans.
C'est mieux en photo couleur :
Là-bas l'auberge est chouette, au dortoir on est bercés par des chants grégoriens
On rencontre un groupe d'espagnols, trop sympas ! Ce sont les anciens élèves d'un collège jésuite qui font le camino ; Inma vient de Vigo (Galice), Manolo de Séville (Andalousie), Maria de Badajoz (Extremadura)... Ils ont trop la patate ! Patata !

Ce petit pépé parcoure le sentier en sens inverse et vient à la rencontre des peregrinos. Il marque notre nom et notre nationalité dans un petit carnet.. Rose lui offre un pin's de l'association bretonne pour compléter la collec' qu'il a sur sa casquette ! :-)
Au niveau architecture, il faut avouer qu'en Bretagne, ce sont les églises gothiques qui prédominent, parole d'ancienne guide Sprev ! Moi qui suis fan du roman, là je suis servie : en arrivant à Fromista. Comme dit Bruno, des Landes : "C'est la débauche" (de chapiteaux sculptés, entendons-nous bien.) J'aime bien celui-là, il ne vous rappelle rien ? (le corbeau et le renard) Curieux dans une église
Mais le summum m'attendait au pueblo suivant, Villalcazar de Sirga (oui je sais, ya que des noms à rallonge, et des noms de villages qui se terminent par "del camino" ou "de la calzada" !)..L'église est juste énoorme, alors que le bled ne paie pas de mine. C'est parce qu'elle a été construite par les templiers, nous sommes dans leur fief. C'est à la fois une cathédrale et une forteresse, qui accueillait les pèlerins en chemin. Le prêtre nous engueule quand on arrive vers 20h car il ferme et la messe était à 19h ! Mais il retourne sur ses pas et nous fait voir l'intérieur..Waw! Je rêve ! Le retable est de ceux que l'on voit au Prado à Madrid à l'étage du dessous..C'est bien un Berruguete. Des argentins, architectes, sont passés cet après-midi, ils ont dit que rien que les ouvertures (des fenêtres romanes à colonnes) méritaient de venir ici.
Je crois que Rose, elle, a préféré la statue de Pablo Payo (mort en 2002), immortalisé devant son restaurant où l'on faisait bonne chère.
J'ai bien aimé aussi passer sous l'immense arche gothique du couvent de San Anton. La route passe en dessous, les camions et tout ! Le symbole que l'on retrouve partout, c'est le Tau, la croix de Saint Antoine. Son imposition guérissait du "feu de St Antoine" (comme de l'éczéma).
Sympa le sello (tampon) de l'ermitage de San Nicolas, un peu après Castrojeriz ; c'est bien dans l'ambiance aussi !
Allez, encore une histoire, pour le plaisir : à Carrion de los Condes, la région devait payer tous les ans aux occupants arabes un tribut de cent vierges, el tributo de las doncellas. Une année, les jeunes filles prièrent la Vierge de les sauver, et miracle ! Elle leur apparut, ainsi qu'à quatre taureaux qui broutaient là..Ils foncèrent sur les envoyés du calife, semant une telle panique que plus jamais ils ne réclamèrent le tribut!
(inspiré d'une affiche vue à Sahagun)
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31/8/2007
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14Hight Way to HELL
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Cervantes a situé son Don Quichotte dans la région de Castilla la Mancha, là où
el sol derrite los sesos (le soleil fait fondre la cervelle)
y rinde a los cuerdos locos (rend les sages fous)
Mais il aurait très bien pu le faire chevaucher la chaussée des pèlerins (calzada de peregrinos) en Castilla y Leon !!..De quoi devenir FOU.
Une ancienne voie romaine (donc, bieen droite) de 18 km, rien, les champs à droite et à gauche, pas d'ombre, le sentier sous les pieds, c'est tout. Quoique si, une petite gargotte s'est installée au bout des 5 premiers km..J'y achète une San Miguel, je ne sais pas ce qui me passe par la tête, il est 9h du matin...Je vous dis, FOU. En plus j'ai le tendon d'Achille qui tire, aïe ! à chaque pas. Rose est partie devant, psychologiquement préparée, elle apprivoise l'endroit et la solitude. Mériadec trace devant, je me retrouve seule au milieu de tout ça ; heureusement que mon bâton me supporte à chaque pas et que mon sac à dos s'accroche à moi de toutes ses forces..
Tiens ! Ce ne serait pas une église au fond là bas ? Bof, ça doit être un arbre.
Ah, non, c'est bien un clocher, à droite touut là bas. J'espère que c'est le village ! Mon attention se fixe sur ce point, qui fait curseur de la distance qui passe (enfin, ça ne passe pas très vite) Epreuve de la patience..
Mais ? ! Le sentier tourne à gauche, en laissant l'église sur la droite. Il n'y a rien autour ! Ca doit être une sorte d'ermitage. PFF il est où ce pueblo ?
Je me dis que j'en ai encore pour 1h de marche comme cela, quand d'un coup je tombe sur l'entrée du village, en bas d'une petite côte ! Même coup que pour Hontanas GRRR "J'y crois pas" J'ai envie de me pincer, de peur que ce ne soit un espejismo, comme les Dupond Dupont dans le désert au Pays de l'Or Noir.
Un papier par terre attire mon attention
OUF ! Je me traîne sur encore quelques mètres et je retrouve Rose et Mériadec au bar de Calzadilla de la Cueza. Je suis d'une humeur de chien ! Je vous dis : FOU
Mais bon, il ne faut pas perdre le moral : nous sommes à la moitié du chemin !! Et le chemin est émaillé de petits messages d'encouragement des autres peregrinos
Allez, motivés, ça avance, ça avance ...ULTREIA ! (cri d'encouragement en latin des pèlerins du Moyen Age)
Une tronçonneuse ! Mon royaume pour une tronçonneuse !
Voilà le genre de pensées qui traversent l'esprit du pauvre peregrino engagé sur ces 40 km bordés de platanes..
Il ya de quoi désespérer non ? Pourtant ces arbres ont été plantés pour faire de l'ombre aux pèlerins ! Euh...
Bon OK j'accélère le pas..In memoriam peregrino
Tiens ! Un carrefour ! A gauche...RIEN
... A droite : RIEN
On arrive tout de même à l'étape, Reliegos. Bon ben moi, après cette journée...je vais me coucher. Buenas noches !
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31/8/2007
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15Nourritures terrestres
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Vous êtes déjà allés à Chartres ? Moi non, mais c'est la cathédrale qui a la plus grande surface de vitraux au monde. Et bien moi, j'ai vu la deuxième : Leon. Quand tu lèves le nez, voilà un peu ce que tu vois...
Ce jour-là, il y avait des mariés plein la ville ! Vivan los novios! Ca va, sympa pour ton mariage (en plus avec l'orgue à fond)
Pour revenir à des considérations bassement terrestres, le centre ville de Leon est vivant et animé ; on se choisit une petite place en terrasse et on fait découvrir la morcilla à Mériadec tout en regardant le défilé incessant de gens avec un verre de vino tinto.. Hey, le vin est l'ami du pèlerin ! (ah vous ne savez pas ce que c'est, la morcilla ? C'est du boudin noir..Spécialité de la région, el embutido, toutes sortes de charcuteries faites maison..oui, oui ce sont bien des boyaux que l'on vend dans ce magasin)
Je n'ai pas fait que manger du boudin à Leon, je suis aussi allée me cultiver en compagnie de Rose.. La crypte de San Isidro recèle des voûtes peintes du XIIè siècle ! ARgh c'est magnifique, Morieux à côté c'est rien ! Je repère un calendrier agraire, très rare, sur l'un des arcs. J'adore.
Vous avez vu où ils l'ont perché, Saint Isidore ? Au sommet de son église, à cheval avec sa robe et sa tiare
C'est pour faire comme Saint Jacques, quand il est représenté en matamoros, à cheval en train de massacrer les maures à grands coups d'épée
Au petit village d'Hospital de Orbigo, il y a eu des massacres aussi, sur le grand pont roman de 200 m de long. Un chevalier a défié pendant un mois au milieu de ce pont tous les chevaliers qui passaient par là : italiens, français, allemands, espagnols..en l'honneur d'une dame bien sûr. C'est le passo honroso. Halte ! On ne passe pas ! AGRRH

Ici, nous ne sommes pas loin d'Astorga, là où l'on cuisine le fameux cocido maragato. C'est une sorte de kig a farz ou pot-au-feu, mais que l'on mange à l'envers ! Rose rêve d'en manger un, après 13 ou 14 caminos, elle n'a jamais eu l'occasion de passer à la bonne heure pour le déguster..Ni une ni deux on pose nos affaires à l'alberge et on file en taxi à quelques km plus loin..Pour un dimanche, on ne peut pas dire qu'on ait fait maigre Pendant que notre compagnon s'évertue à trouver une messe, nous on va faire bombance..Mais Thérèse n'a-t-elle pas dit : Dios esta también entre los pucheros (Dieu est aussi parmi les marmites) ? ;)
   
Je me crois dans "Les 12 travaux d'Astérix" ! Quand le cuisinier belge amène des plats à n'en plus finir à Obélix..Viande, pois chiches et choux, soupe au vermicelle, natilla en dessert (avec rab!), café et pour faire descendre le tout, une queimada (alcool typique brûlé)..FF ! Le serveur, très old school, est adorable et nous force à tout finir : Hay que terminarlo todo, eh, si no no se llega a Santiago ..sinon on n'arrivera pas à Santiago ! Hey, on a déjà entendu le coq chanter à Santo Domingo, normalement c'est bon!
En sortant, on fait quand même un petit tour dans la ville d'Astorga..A droite, dans un mur, cette grille :
C'est la maison des emparedadas, là où certaines femmes, au Moyen Age, se faisaient emmurées vivantes pour y passer leur vie en pénitence. Elles se nourrissaient de ce que voulaient bien leur donner les gens. Les pèlerins qui passaient devant leur tombe vivante partageaient avec elles leurs maigres rations, en passant leur main par la grille. Euh..Rose ne peut plus boutonner son short..La culpabilité fait partie de la religion catholique, non ?
PS je vous donne quand même l'adresse du restau : Las Termas, C/ Santiago 1, 24700 ASTORGA
A partir d'ici, nous pénétrons dans la maragateria, le territoire des maragatos.
C'est un peuple aux origines mystérieuses, peut-être Berbères, venues lors de l'invasion musulmane. Nous traversons le petit village de Castrillo de Polvozares, juste après Murias de Rechivaldo (comme dirait Rose, "les villages maragates portent des noms sonores"..en attendant, elle me les a fait apprendre par coeur de force sur 15 km! )

A l'entrée du pueblo, un abuelo (un petit pépé) sculpte des bourdons pour les peregrinos. Il nous recommande le bar tenu par son fils, le deuxième, pas le premier hein! le deuxième. Il est vrai que dans les villages où passe le camino, les bars situés en premier à l'entrée du pueblo sont en bonne position car souvent le peregrino y fait une pause bien méritée ! La flemme ; pour boire un agua mineral con gas ou manger un morceau..et desserrer ses lacets..c'est maintenant !
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31/8/2007
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16Dans le secret des monts maragatos
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Meuuh ! Nous entrons progressivement dans les montagnes, c'est tout joli
Après Rabanal, nous grimpons encore de 350 mètres pour atteindre le village quasi abandonné de Foncebadon. Rose rêvait d'y dormir, mais nous n'y arrivons que le matin, dans la brume. Tout tombe en ruine, il y a peu il ne restait que 2 habitants, une une vieille femme de 90 ans et son fils ! Des anglais se sont installés dans la région dans les années 80, et on redonné vie au coin ; mais c'est encore bien isolé..
Bretons dans la brume..Le pèlerin de droite est parti de Bretagne à pied !
A 1504 mètres, j'aperçois enfin la fameuse Croix de Fer, la cruz de ferro. A l'origine, c'est l'un des 400 pieux qui balisent la route lorsqu'il neige. Bien que fort simple et pas spécialement belle finalement, elle est devenue un monument symbolique du chemin. En effet, la tradition veut que chaque peregrino lance un caillou sur le tas qui grossit au pied de la croix..Ce petit caillou (ou gros?) représente ni plus ni moins que le poids de ses péchés..Je me plie au rituel avec plaisir
Ah ! On se sent mieux !
Le mât est couvert de gri-gris, médailles, chaussettes, petits mots, photos, bouts de ficelle..Mais là où il y a le plus de boui-boui, c'est quand même au refuge de Manjarin, quelques km plus loin dans la montagne au détour d'un virage, à 1460 mètres d'altitude..
A chaque pèlerin qui passe, un petit grand-père avec son bonnet crassou enfoncé sur le crâne sonne une cloche à toute volée..Il y a du café à disposition, et un sucrier tout crotté..Je crois que les peregrinos ne s'arrêtent pas trop dormir chez Tomas, sous peine d'attraper des poux et des puces! On a entendu des abuelos se chamailler à son sujet dans un bar à Rabanal : Es que ni tiene agua ! A lo mejor tiene agua salada (il a même pas d'eau! Ouais, ou alors que de l'eau salée) Tomas, c'est le dernier des templiers. Il accomplit tous les matins à 11h son rite de salut au soleil..Là on est trop tôt pour le voir revêtir sa toge blanche. Il a tout de même son Tshirt avec la croix rouge des templiers. C'est l'un des nombreux "personnages" du chemin.
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31/8/2007
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17Un haut lieu de Galice
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Bon, si on récapitule, une fois passées les Pyrénées, nous avons traversé 4 régions d'Espagne : la Navarre, la Rioja, puis l'immense Castilla y Leon, et pour finir, la verte Galice, dernière autonomia de notre périple. La Galice... ça a la couleur de la Bretagne, le climat de la Bretagne, les odeurs de la Bretagne, le son de la Bretagne..vert, bord de mer aux côtes déchiquetées et sauvages, campagne et troupeaux de vaches, climat plutôt humide, gaita (biniou)..mais c'est nettement plus montagneux que la Bretagne...Le Menez Hom fait pâle figure à côté du mont Cebreiro, qui culmine à 1300 mètres !
(fichier pdf sur aucoeurduchemin.org)
Allez ! Animo ! (courage) Rose et moi attaquons la côte qui nous mène jusqu'au sommet du Cebreiro..sur le coup de 15heures, c'est-à-dire en plein après-midi et en fin d'étape..Car nous voulons absolument dormir là haut. On sue comme des boeufs !! Je m'arrête à mi-côte pour repreindre haleine et boire un zumo de melocoton, Rose elle préfère ne pas couper son élan et galope jusqu'au sommet devant moi. En repartant, j'apprécie chaque parcelle du paysage qui s'étale devant mes yeux avec mon MP3 sur les oreilles, je kiffe comme disent les djeunss
L'arrivée dans le petit village perché en haut est un peu brusque, au sommet d'un redillon (petite cote) (mot inventé ;) par Catherine) je tombe sur les chaumières (pallozas), les espagnols qui passent leur dimanche après-midi, deux échoppes de cartes postales. L'ensemble est mignon, mais ça me saoûle un peu après l'ascension en solitaire ! Non non je ne suis pas agoraphobe après 3 semaines de camino (mais presque)
L'auberge est immense, toute neuve, elle a été inaugurée hier ! J'ai le dernier lit du grand dortoir. Ouf ! Ceux qui arrivent après s'organisent, de toute façon siempre hay una solucion (il y a toujours une solution).
Au coeur de la petite église se trouve un objet précieux et quelque peu nimbé de mystère..Le calice du Cebreiro avec sa patène, et deux ampoules contenant le sang et la chair du Christ. Serait-ce le précieux Graal ? La légende raconte qu'un jour de l'an 1300, en pleine tempête de neige sur le mont, le prêtre célébra la messe, il n'y eut qu'un courageux paroissien pour venir assister à l'office bravant les mètres de neige et le vent..Le miracle survint, le pain et le vin se transformèrent en vrai vin et vraie chaire..On dit que devant telle chose, la statue de la Vierge inclina la tête en avant et que les yeux du Christ s'écarquillèrent ! C'est ce calice qui est représenté sur le drapeau de la Galice.
Quelle bonne idée que de passer la nuit là haut..Voilà ce que j'ai pu admirer le matin en sortant à 6h, avant le lever du soleil, devant une mer de nuage, pas un souffle de vent, pas un bruit, des silhouettes silencieuses de pèlerins s'en allant vers le chemin, le temps suspendu..
Puis, le ciel se fend de rayons roses orangés et le soleil levant fait timidement son apparition
La statue du pèlerin dans la tourmente en toute quiétude
Rose est partie devant, et me donne rendez-vous pas sms à l'alto del Poyo. Je chemine, j'aperçois église aux gros murs de pierre tassée derrière des toits d'ardoises..Ah non, c'est Linares, ce n'est pas le Poyo. Je poursuis, mange une datte et bois un coup d'eau en haut d'un redillon (je n'ai pas déjeuné), et Maria et Manolo les espagnols rencontrés près de Leon me doublent ; on continue ensemble, en pipeletant, on avance bien ! Tiens, un autre hameau. Une grand mère ouvre ses volets -quelle vue est a tous les matins!- mais ce n'est toujours pas le Poyo.
Manolo aussi est attendu là-bas ; j'envoie un sms à Rose : "Il est où ton bled ?" Réponse express et laconique : "Continue". Bien maître. En plus voilà une côte qui m'a l'air bien raide ; je l'attaque avec Manolo, on s'échine à arriver en haut, quand j'entends une voix familière : "Allez ! Plus vite!" Rose nous attend sur le promontoire, toute fière de nous avoir fait faire presque 10 bornes pour mériter notre petit dèj dans le bar typique du Poyo, avec une vue imprenable à 1337 mètres..Sacrée Jefa ! Allez, elle a bien mérité une napolitana con crema (pain au chocolat mais avec de la crème) !
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31/8/2007
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18Galiza terra minha
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Quand j'avais réalisé mon échange poste à poste avec l'école au mois de novembre, j'avais demandé aux élèves de Castro Caldelas (au sud de la Galice, dans les montagnes de la Ribeira Sacra) la vision qu'ils avaient de leur région, Galiza (en galicien). L'un d'entre eux m'avait répondu : "Galiza é a terra minha." (La Galice, c'est ma terre, mon pays) "Nunca me iré de aqui" (je ne m'en irai jamais d'ici). Ils ont raison d'être fiers, voyez un peu
Alors ça, ce n'est pas un "tombeau en suspension" comme le croyait Mériadec, mais un horreo, c'est un silo à grain typique de Galice. Ils peuvent être en bois, en briques ou en pierre de taille, et sont surmontés d'une croix pour bénir les récoltes. Surtout, ils sont surélevés par rapport au sol pour éviter les rongeurs et l'humidité.
Pour éviter les passages boueux et l'eau des ruisseaux qui passe sur le chemin, les corredoiras sont bien pratiques et permettent aux troupeaux et aux pèlerins de passer au sec sur ces grosses pierres plates.
Les toits sont couverts de larges ardoises en pierre, qui se croisent à leur faîte
En passant par Melide, passage obligé par la pulperia Ezequiel ! Le pulpo c'est la spécialité de la région, mais c'est ici qu'il faut le goûter, avec une bolée de Ribeiro..Il est cuit dans une grande cuve en cuivre, 20 minutes pas une minute de plus (ni de moins), puis avec une dextérité impressionante, ils des petits tronçons de chaque tentacule avec des grands ciseaux, ça va vite clik clik clik ! Et tu dégustes ça dans une assiette en bois, le tout bien chaud saupoudré de paprika et arrosé d'un filet d'huile d'olive.
Buen provecho ! Bon appétit !
et viva Galiza !
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31/8/2007
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19C'est fini..Mais comme on dit "el camino es la meta"
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Je rêve..Alors qu'en partant de St Jean Pied de Port il nous restait plus de 765 km à parcourir, voici que nous passons la borne 100 ! Quel choc, maintenant nous entrons dans les unités : 86, 72...!
Nous approchons dangereusement de Santiago. Je dis dangereusement, car le fait d'arriver (déjà!) me produit une drôle de sensation..C'est bête à dire mais je suis presque triste d'arriver ! Car, comme on dit, "el camino es la meta" : le chemin est le but. Bien sûr que nous convergons tous, depuis le début de notre périple (et depuis des siècles!) (amen) vers St Jacques..mais là, ce n'est pas tant l'arrivée qui m'importe, que le chemin pour y aller, avec ses rencontres, les paysages, les ampoules..
Au bout de cette route apparaît el monte del Gozo, la colline la plus élevée des environs de Compostelle (littéralement, "le mont de la joie, du plaisir") . De là haut, on aperçoit les flèches de la cathédrale. Pour notre dernière étape, nous choisissons de dormir là-bas, de sorte que le lendemain, nous n'aurons plus que 5km à faire pour arriver à St Jacques, de bon matin, et tous frais pour apprécier l'arrivée..
Cette étape, c'est l'une des après-midis les plus chaudes, avec celle de Logrono. En traversant les forêts d'immenses eucalyptus, des bouffées de chaleur torride nous embrument d'odeurs mentholées. Les gouttes de sueur tombent dans nos yeux, aïe! ça pique, surtout mélangées avec la crème solaire..Ce jour-là, nous parcourons 50 kilomètres, à la fin je suis à moitié shootés à l'endorphine !!
Les baraquements du monte sont immenses et peuvent accueillir un nombre énorme de pèlerins. En 1989 le pape Jean Paul II y avait réuni 500.000 jeunes..Ce soir, l'ambiance est détendue, les groupes sont heureux d'être si près du but ; certains sont partis de Sarria, pour effectuer les 100 derniers kilomètres à pied. C'est différent des refuges des premiers jours où je tombais comme une masse à neuf heures du soir ! On est tous à moitié excités. En plus demain c'est la pleine lune. Edith, une hongroise, est partie au début du cycle de la lune, pour arriver demain à la luna llena.
A l'origine, le chemin de St Jacques est un chemin celtique, païen donc, qui suit la voie lactée..
Ce matin, nous sommes frais comme des roses malgré l'étape de hier, mais en même temps, nous n'avons que 5km à faire ! Une misère..Et là...plus que 25OO mètres !
Nous allons arriver à la cathédrale par la droite..C'est vrai que je regrette un peu, car je connais déjà la ville, j'y étais en novembre, et déjà en 2002 quand j'étais à Burgos..J'ai déjà vu la cathédrale, la place de l'Obradoiro..J'aimerais arriver ici avec le regard neuf d'un pèlerin qui arrive ici pour la première fois. J'observe, je scrute même le visage de Mériadec, qui est dans ce cas..Voilà la place..
et voilà le ravi de la crèche
Forte impression c'est vrai. La ville sommeille, il fait frais, nous sommes quelques peregrinos à arriver au compte goutte. On s'embrasse, on se serre dans les bras, un pleure, un autre prend des photos, je lève mon bâton : Lo hicimos! (on l'a fait!)
On y est. Comme des milliers, des millions plutôt, depuis le Moyen Age..Chacun pour ses motivations, religieuses -à l'époque cela pouvait être une condamnation, en pénitence-, culturelles, sportives, spirituelles, autres..Certains ne savent pas. D'autres ont une démarche très précise. Toujours est-il que nous sommes là, ensemble, et que c'est bien.
Le kilomètre zéro.
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31/8/2007
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20Caminante...
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J'ai bien aimé deux textes trouvés sur le chemin, tout simples, écrits par des pèlerins. Le premier était affiché à l'albergue de Reliegos en Castilla y Leon.
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En el camino se aprende geografia, arte, historia y relaciones humanas; se hace deporte y se estimulan los sentidos en pleno contacto con la naturaleza ; se sufre, se rie, se suena y uno se siente feliz de estar vivo, escuchando las piedras de los templos y hablando con los bosques, las flores y los rios.
Conociendo el camino nos conocemos a nosotros mismos para seguir caminando por todos los caminos del mundo.
Ademas de entrar en contacto con los habitantes de las regiones que atraviesa la ruta, también se conocen personas de todas las edades, ocupaciones, ideas, religiones y paises.
Unos viajan por turismo, deporte o diversion, otros buscan el profundo misticismo espiritual del camino y algunos son fanaticos del arte y de la historia.
D. Vida, un peregrino de Alzira
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Sur le camino on apprend la géographie, l'art, l'histoire et les relations humaines ; on fait du sport et on stimule ses sens au contact avec la nature ; on souffre, on rit, on rêve et on se sent heureux d'être vivant, à l'écoute des pierres des temples et parlant avec les forêts, les fleurs et les rivières.
En faisant connaissance avec le camino, nous faisons connaissance avec nous-mêmes, afin de continuer à cheminer par tous les chemins du monde.
En plus d'entrer en contact avec les habitants des régions que traverse le camino, on fait connaissance avec des personnes de tous âges, métiers, idées, religions et pays.
Certains voyage pour le tourisme, le sport ou le divertissement, d'autres recherchent le profond mysticisme spirituel du camino et quelques uns sont fanatiques de l'art et de l'histoire.
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Le deuxième était avant d'arriver à Sarria, sur le mémorial à Guillermo Watt (décédé sur le chemin).
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Al igual que el camino, la vida esta divida en etapas y no importa cual sera la siguiente si se aprovecha al maximo la del presente.
Veronica, 23/07/07
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Tout comme le camino, la vie est divisée en étapes, et peut importe quelle sera la prochaine, du moment que l'on profite au maximum de la présente.
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A bientôt ! Pour le mot de la fin..la parole à Antonio Machado bien sûr
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Caminante, no hay camino
se hace camino al andar.
Caminante, son tus huellas
el camino, y nada mas ;
caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace camino,
y al volver la vista atras
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante, no hay camino,
sino estelas en la mar.
Campos de Castilla, 1917
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Marcheur, il n'y a pas de chemin,
Le chemin se construit en marchant.
Marcheur, ce sont tes traces
ce chemin, et rien de plus ;
Marcheur, il n'y a pas de chemin,
Le chemin se construit en marchant.
En marchant se construit le chemin,
Et en regardant en arrière
On voit la sente que jamais
On ne foulera à nouveau.
Marcheur, il n'y a pas de chemin,
Seulement des sillages sur la mer.
(Traduction de José Parets-LLorca )
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Le poème traduit dans plusieurs langues sur http://www.mcxapc.org/static.php?file=florilege.htm&menuID=florilege
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