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Ah les navarrais ! Leur réputation est faite dès le 9è siècle, car un français, un moine, Aymeri Picaud de son petit nom (qu'est ce qu'on a entendu parler de celui-là! ) écrit le premier guide du pèlerin, et les décrit ainsi dans son Codex Calixtinus :
"C'est un peuple barbare, (...) plein de méchanceté, laid de visage, débauché, pervers, perfide, déloyal, corrompu, voluptueux, ivrogne, expert en toutes violences, féroce et sauvage, malhonnête et faux. (...) Les navarrais forniquent honteusement avec des bestiaux ; on raconte que le navarrais met un cadenas à sa mule et à sa jument pour empêcher tout autre que lui-même d'en jouir"
Bonjour la réputation ! Mais ce jugement lui a sûrement été dicté suite à la mésaventure qu'il a subi en passant sur le pont enjambant le Rio Salado (la rivière salée)... "Je peux faire boire à mon cheval l'eau de cette rivière?" demanda-t-il à un autochtone.."Si, senor, claro que si!" Résultat :
"Le cheval mourut instantanément et le Navarrais le dépeça sur le lieu-même." Gare à vous en traversant la Navarre!
Heureusement que le paysage récompense et rassérène le coeur du peregrino suant et haletant sur les sentiers poussiéreux ...
Ca ne vous rappelle pas le tableau de Monet, Les coquelicots ?
Ah! et les cogoticos ? vous connaissez les cogoticos ? C'est un paysage de Navarre, c'est assez pointu..Ce sont des sortes de collines vertes "toutes douces" comme dirait Rose, qui font comme une coulée dans les champs de céréales..Voilà, c'est tout, ce sont les cogoticos de la Raicilla. Je tenais à le préciser. Ca me fait plaisir.
Tiens! Nous faisons aussi sur le chemin la connaissance d'un coréen..Trop mimi, il salue tout le monde en se courbant en deux !
Le camino attire des pèlerins du monde entier : Nouvelle Zélande, Etats Unis, Mexique, Hongrie, Pologne, Canada, Europe...Et tout ce joyeux petit monde se retrouve dans l'albergue ! Bonne ambiance. Ici, Cizur Menor à côté de Pampelune.
Et Felisa? Vous connaissez Felisa? C'est elle (sa fille en fait) qui nous accueille à l'entrée de Logrono sous son figuier, offrant aux pèlerins higos, agua y amor (figues eau et amour) depuis toujours. La tradition se perpétue !
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