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L'arrivée à Castrojeriz est digne d'un décor de théatre : les ruines du chateau se découpent sur le ciel bleu au somment de la motte castrale. Ambiance moyenâgeuse..On pourrait tourner un film ici..D'ailleurs Mériadec se sent en verve et se met à nous réciter une tirade de Cyrano de Bergerac. On s'y croit ! Au pied de la colline, le village et l'église de Notre Dame du Manzano (du pommier). Cette configuration des villages espagnols remontent à l'époque des nombreux combats lors de la Reconquista (du VIIIè au XVè) lorsque les chrétiens reprenaient les villes tombées aux mains des musulmans.
C'est mieux en photo couleur :
Là-bas l'auberge est chouette, au dortoir on est bercés par des chants grégoriens
On rencontre un groupe d'espagnols, trop sympas ! Ce sont les anciens élèves d'un collège jésuite qui font le camino ; Inma vient de Vigo (Galice), Manolo de Séville (Andalousie), Maria de Badajoz (Extremadura)... Ils ont trop la patate ! Patata !

Ce petit pépé parcoure le sentier en sens inverse et vient à la rencontre des peregrinos. Il marque notre nom et notre nationalité dans un petit carnet.. Rose lui offre un pin's de l'association bretonne pour compléter la collec' qu'il a sur sa casquette ! :-)
Au niveau architecture, il faut avouer qu'en Bretagne, ce sont les églises gothiques qui prédominent, parole d'ancienne guide Sprev ! Moi qui suis fan du roman, là je suis servie : en arrivant à Fromista. Comme dit Bruno, des Landes : "C'est la débauche" (de chapiteaux sculptés, entendons-nous bien.) J'aime bien celui-là, il ne vous rappelle rien ? (le corbeau et le renard) Curieux dans une église
Mais le summum m'attendait au pueblo suivant, Villalcazar de Sirga (oui je sais, ya que des noms à rallonge, et des noms de villages qui se terminent par "del camino" ou "de la calzada" !)..L'église est juste énoorme, alors que le bled ne paie pas de mine. C'est parce qu'elle a été construite par les templiers, nous sommes dans leur fief. C'est à la fois une cathédrale et une forteresse, qui accueillait les pèlerins en chemin. Le prêtre nous engueule quand on arrive vers 20h car il ferme et la messe était à 19h ! Mais il retourne sur ses pas et nous fait voir l'intérieur..Waw! Je rêve ! Le retable est de ceux que l'on voit au Prado à Madrid à l'étage du dessous..C'est bien un Berruguete. Des argentins, architectes, sont passés cet après-midi, ils ont dit que rien que les ouvertures (des fenêtres romanes à colonnes) méritaient de venir ici.
Je crois que Rose, elle, a préféré la statue de Pablo Payo (mort en 2002), immortalisé devant son restaurant où l'on faisait bonne chère.
J'ai bien aimé aussi passer sous l'immense arche gothique du couvent de San Anton. La route passe en dessous, les camions et tout ! Le symbole que l'on retrouve partout, c'est le Tau, la croix de Saint Antoine. Son imposition guérissait du "feu de St Antoine" (comme de l'éczéma).
Sympa le sello (tampon) de l'ermitage de San Nicolas, un peu après Castrojeriz ; c'est bien dans l'ambiance aussi !
Allez, encore une histoire, pour le plaisir : à Carrion de los Condes, la région devait payer tous les ans aux occupants arabes un tribut de cent vierges, el tributo de las doncellas. Une année, les jeunes filles prièrent la Vierge de les sauver, et miracle ! Elle leur apparut, ainsi qu'à quatre taureaux qui broutaient là..Ils foncèrent sur les envoyés du calife, semant une telle panique que plus jamais ils ne réclamèrent le tribut!
(inspiré d'une affiche vue à Sahagun)
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