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Vous êtes déjà allés à Chartres ? Moi non, mais c'est la cathédrale qui a la plus grande surface de vitraux au monde. Et bien moi, j'ai vu la deuxième : Leon. Quand tu lèves le nez, voilà un peu ce que tu vois...
Ce jour-là, il y avait des mariés plein la ville ! Vivan los novios! Ca va, sympa pour ton mariage (en plus avec l'orgue à fond)
Pour revenir à des considérations bassement terrestres, le centre ville de Leon est vivant et animé ; on se choisit une petite place en terrasse et on fait découvrir la morcilla à Mériadec tout en regardant le défilé incessant de gens avec un verre de vino tinto.. Hey, le vin est l'ami du pèlerin ! (ah vous ne savez pas ce que c'est, la morcilla ? C'est du boudin noir..Spécialité de la région, el embutido, toutes sortes de charcuteries faites maison..oui, oui ce sont bien des boyaux que l'on vend dans ce magasin)
Je n'ai pas fait que manger du boudin à Leon, je suis aussi allée me cultiver en compagnie de Rose.. La crypte de San Isidro recèle des voûtes peintes du XIIè siècle ! ARgh c'est magnifique, Morieux à côté c'est rien ! Je repère un calendrier agraire, très rare, sur l'un des arcs. J'adore.
Vous avez vu où ils l'ont perché, Saint Isidore ? Au sommet de son église, à cheval avec sa robe et sa tiare
C'est pour faire comme Saint Jacques, quand il est représenté en matamoros, à cheval en train de massacrer les maures à grands coups d'épée
Au petit village d'Hospital de Orbigo, il y a eu des massacres aussi, sur le grand pont roman de 200 m de long. Un chevalier a défié pendant un mois au milieu de ce pont tous les chevaliers qui passaient par là : italiens, français, allemands, espagnols..en l'honneur d'une dame bien sûr. C'est le passo honroso. Halte ! On ne passe pas ! AGRRH

Ici, nous ne sommes pas loin d'Astorga, là où l'on cuisine le fameux cocido maragato. C'est une sorte de kig a farz ou pot-au-feu, mais que l'on mange à l'envers ! Rose rêve d'en manger un, après 13 ou 14 caminos, elle n'a jamais eu l'occasion de passer à la bonne heure pour le déguster..Ni une ni deux on pose nos affaires à l'alberge et on file en taxi à quelques km plus loin..Pour un dimanche, on ne peut pas dire qu'on ait fait maigre Pendant que notre compagnon s'évertue à trouver une messe, nous on va faire bombance..Mais Thérèse n'a-t-elle pas dit : Dios esta también entre los pucheros (Dieu est aussi parmi les marmites) ? ;)
   
Je me crois dans "Les 12 travaux d'Astérix" ! Quand le cuisinier belge amène des plats à n'en plus finir à Obélix..Viande, pois chiches et choux, soupe au vermicelle, natilla en dessert (avec rab!), café et pour faire descendre le tout, une queimada (alcool typique brûlé)..FF ! Le serveur, très old school, est adorable et nous force à tout finir : Hay que terminarlo todo, eh, si no no se llega a Santiago ..sinon on n'arrivera pas à Santiago ! Hey, on a déjà entendu le coq chanter à Santo Domingo, normalement c'est bon!
En sortant, on fait quand même un petit tour dans la ville d'Astorga..A droite, dans un mur, cette grille :
C'est la maison des emparedadas, là où certaines femmes, au Moyen Age, se faisaient emmurées vivantes pour y passer leur vie en pénitence. Elles se nourrissaient de ce que voulaient bien leur donner les gens. Les pèlerins qui passaient devant leur tombe vivante partageaient avec elles leurs maigres rations, en passant leur main par la grille. Euh..Rose ne peut plus boutonner son short..La culpabilité fait partie de la religion catholique, non ?
PS je vous donne quand même l'adresse du restau : Las Termas, C/ Santiago 1, 24700 ASTORGA
A partir d'ici, nous pénétrons dans la maragateria, le territoire des maragatos.
C'est un peuple aux origines mystérieuses, peut-être Berbères, venues lors de l'invasion musulmane. Nous traversons le petit village de Castrillo de Polvozares, juste après Murias de Rechivaldo (comme dirait Rose, "les villages maragates portent des noms sonores"..en attendant, elle me les a fait apprendre par coeur de force sur 15 km! )

A l'entrée du pueblo, un abuelo (un petit pépé) sculpte des bourdons pour les peregrinos. Il nous recommande le bar tenu par son fils, le deuxième, pas le premier hein! le deuxième. Il est vrai que dans les villages où passe le camino, les bars situés en premier à l'entrée du pueblo sont en bonne position car souvent le peregrino y fait une pause bien méritée ! La flemme ; pour boire un agua mineral con gas ou manger un morceau..et desserrer ses lacets..c'est maintenant !
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