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Meuuh ! Nous entrons progressivement dans les montagnes, c'est tout joli
Après Rabanal, nous grimpons encore de 350 mètres pour atteindre le village quasi abandonné de Foncebadon. Rose rêvait d'y dormir, mais nous n'y arrivons que le matin, dans la brume. Tout tombe en ruine, il y a peu il ne restait que 2 habitants, une une vieille femme de 90 ans et son fils ! Des anglais se sont installés dans la région dans les années 80, et on redonné vie au coin ; mais c'est encore bien isolé..
Bretons dans la brume..Le pèlerin de droite est parti de Bretagne à pied !
A 1504 mètres, j'aperçois enfin la fameuse Croix de Fer, la cruz de ferro. A l'origine, c'est l'un des 400 pieux qui balisent la route lorsqu'il neige. Bien que fort simple et pas spécialement belle finalement, elle est devenue un monument symbolique du chemin. En effet, la tradition veut que chaque peregrino lance un caillou sur le tas qui grossit au pied de la croix..Ce petit caillou (ou gros?) représente ni plus ni moins que le poids de ses péchés..Je me plie au rituel avec plaisir
Ah ! On se sent mieux !
Le mât est couvert de gri-gris, médailles, chaussettes, petits mots, photos, bouts de ficelle..Mais là où il y a le plus de boui-boui, c'est quand même au refuge de Manjarin, quelques km plus loin dans la montagne au détour d'un virage, à 1460 mètres d'altitude..
A chaque pèlerin qui passe, un petit grand-père avec son bonnet crassou enfoncé sur le crâne sonne une cloche à toute volée..Il y a du café à disposition, et un sucrier tout crotté..Je crois que les peregrinos ne s'arrêtent pas trop dormir chez Tomas, sous peine d'attraper des poux et des puces! On a entendu des abuelos se chamailler à son sujet dans un bar à Rabanal : Es que ni tiene agua ! A lo mejor tiene agua salada (il a même pas d'eau! Ouais, ou alors que de l'eau salée) Tomas, c'est le dernier des templiers. Il accomplit tous les matins à 11h son rite de salut au soleil..Là on est trop tôt pour le voir revêtir sa toge blanche. Il a tout de même son Tshirt avec la croix rouge des templiers. C'est l'un des nombreux "personnages" du chemin.
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