Tous les matins nous prenons le chemin...
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      Billet 19 sur 20
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      31/08/2007 - 19C'est fini..Mais comme on dit "el camino es la meta"

      Je rêve..Alors qu'en partant de St Jean Pied de Port il nous restait plus de 765 km à parcourir, voici que nous passons la borne 100 ! Quel choc, maintenant nous entrons dans les unités : 86, 72...!

      Nous approchons dangereusement de Santiago. Je dis dangereusement, car le fait d'arriver (déjà!) me produit une drôle de sensation..C'est bête à dire mais je suis presque triste d'arriver ! Car, comme on dit, "el camino es la meta" : le chemin est le but. Bien sûr que nous convergons tous, depuis le début de notre périple (et depuis des siècles!) (amen) vers St Jacques..mais là, ce n'est pas tant l'arrivée qui m'importe, que le chemin pour y aller, avec ses rencontres, les paysages, les ampoules..

      Monte del Gozo

      Au bout de cette route apparaît el monte del Gozo, la colline la plus élevée des environs de Compostelle (littéralement, "le mont de la joie, du plaisir") . De là haut, on aperçoit les flèches de la cathédrale. Pour notre dernière étape, nous choisissons de dormir là-bas, de sorte que le lendemain, nous n'aurons plus que 5km à faire pour arriver à St Jacques, de bon matin, et tous frais pour apprécier l'arrivée..

      Cette étape, c'est l'une des après-midis les plus chaudes, avec celle de Logrono. En traversant les forêts d'immenses eucalyptus, des bouffées de chaleur torride nous embrument d'odeurs mentholées. Les gouttes de sueur tombent dans nos yeux, aïe! ça pique, surtout mélangées avec la crème solaire..Ce jour-là, nous parcourons 50 kilomètres, à la fin je suis à moitié shootés à l'endorphine !!

      Monte gozo

      Les baraquements du monte sont immenses et peuvent accueillir un nombre énorme de pèlerins. En 1989 le pape Jean Paul II y avait réuni 500.000 jeunes..Ce soir, l'ambiance est détendue, les groupes sont heureux d'être si près du but ; certains sont partis de Sarria, pour effectuer les 100 derniers kilomètres à pied. C'est différent des refuges des premiers jours où je tombais comme une masse à neuf heures du soir ! On est tous à moitié excités. En plus demain c'est la pleine lune. Edith, une hongroise, est partie au début du cycle de la lune, pour arriver demain à la luna llena.

       A l'origine, le chemin de St Jacques est un chemin celtique, païen donc, qui suit la voie lactée..

      Ce matin, nous sommes frais comme des roses malgré l'étape de hier, mais en même temps, nous n'avons que 5km à faire ! Une misère..Et là...plus que 25OO mètres !

      2000m

      Nous allons arriver à la cathédrale par la droite..C'est vrai que je regrette un peu, car je connais déjà la ville, j'y étais en novembre, et déjà en 2002 quand j'étais à Burgos..J'ai déjà vu la cathédrale, la place de l'Obradoiro..J'aimerais arriver ici avec le regard neuf d'un pèlerin qui arrive ici pour la première fois. J'observe, je scrute même le visage de Mériadec, qui est dans ce cas..Voilà la place..

      Place

      et voilà le ravi de la crèche

      Ravi

      Forte impression c'est vrai. La ville sommeille, il fait frais, nous sommes quelques peregrinos à arriver au compte goutte. On s'embrasse, on se serre dans les bras, un pleure, un autre prend des photos, je lève mon bâton : Lo hicimos! (on l'a fait!)

      On y est. Comme des milliers, des millions plutôt, depuis le Moyen Age..Chacun pour ses motivations, religieuses -à l'époque cela pouvait être une condamnation, en pénitence-, culturelles, sportives, spirituelles, autres..Certains ne savent pas. D'autres ont une démarche très précise. Toujours est-il que nous sommes là, ensemble, et que c'est bien.

      km0

      Le kilomètre zéro.


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